A PARAITRE
Bientôt dans les librairies d’ici et d’ailleurs, “Délices Lyriques”, un recueil enivrant de 120 pages dont voici la préface rédigée par Guy Missodey ainsi que le résumé de l’oeuvre par l’auteur
PREFACE
Depuis près d’un mois, je ne cesse de remettre à demain la lecture des DELICES LYRIQUES .Flemme ou hantise ? Je ne saurais le dire. Et pourtant, dès la découverte des premiers vers, je me suis rendu compte que je n’aurai pas à me démêler dans les dédales d’une poésie « fumeuse » dont l’hermétisme serait le critère de sa noblesse, de sa valeur esthétique, comme l’imposait une certaine conception de la création poétique…
La première particularité de la poésie d’AYAYI GBLONVADJI AYI est de vous envahir et de vous soumettre à sa logique interne.
En effet, DELICES LYRIQUES fonctionne comme un ensemble organisé de poèmes qui vous impose d’abord une nécessaire double lecture, soit successive, soit alternative, dans la mesure où le méta-texte jouit du même statut prépondérant que le texte .Ainsi, les longs et abondants renvois aux notes en bas de page, au lieu d’ennuyer ou de distraire le lecteur (qui devrait se plaindre de ces fréquentes ruptures),le captivent autant que les poèmes auxquels ils se rapportent. La recette en est que le poète réussit à édulcorer la lourdeur de la métalangue par une stylisation poétique qui nous invite à revisiter des civilisations anciennes ou modernes (gréco-latines, judéo-chrétiennes, négro-africaines, européennes…), à réviser nos notions de rhétorique ou encore à nous rappeler nos cours de morpho - syntaxe. Aussi, le lecteur peut-il, à loisir s’en tenir, uniquement au texte, uniquement au méta-texte, aller de l’un à l’autre. « Une liberté de lecture » que l’écrivain togolais Kossi EFOUI défendait déjà lorsqu’une certaine critique dogmatique lui reprochait (à tort d’ailleurs) « l’incohérence du texte » de sa FABRIQUE DES CEREMONIES.
AYAYI GBLONVADJI AYI a certainement « conversé » avec quelques « poètes maudits » des « illuminés » comme Baudelaire, Nerval ou Rimbaud…, puisque certains textes de DELICES LYRIQUES en portent des marques. On dénombrera les récurrences des termes antinomiques ou binaires comme « blanc/noir », « jour/nuit », « Vie/Mort », « ange/ Lucifer … ; des évolutions régulières en crescendo/decrescendo… ; des équilibres instables comme des déchaînements endiablés qu’anéantissent des apaisements reposants ; des balancements réguliers entre des complaintes mélancoliques et des envolées lyriques.Cependant le poète a su éviter les pièges de l’imitation servile dans son aventure littéraire, pour aboutir à une poésie nouvelle, c’est-à-dire originale. C’est pourquoi les soixante-douze poèmes déroulés sur cent quinze pages, tantôt enjambent des espaces et des temps éloignés les uns des autres et de natures différentes (Togo-Afrique/Belgique/Europe ; Le réel/Le désir …) qu’ils rapprochent en les confondant parfois par les caprices du souvenir, tantôt réconcilient des temps (L’enfance/L’âge adulte, Hier/Aujourd’hui…) en n’hésitant pas de violer les lois de la chronologie.
Finalement, même si les thèmes que s’approprie le poète ne nous semblent pas d’une grande importance (Et heureusement ! Ils ne sont pas nouveaux puisque « tout a été dit »), ils s’imbriquent harmonieusement dans la poétique d’AYAYI GBLONVADJI AYI et fonctionnent comme des pré - textes/prétextes qui, à la fois génèrent et légitiment des textes.
Dès lors, en « gommant » les références spatio – temporelles qui signent tous les poèmes du recueil et qui ne leur donnent d’ailleurs pas une chronologie linéaire et continue, DELICES LYRIQUES peut être lu comme un long poème qui décompose sous forme de kaléidoscope un pan de la vie d’AYAYI GBLONVADJI AYI . Nous le savourons avec délice et vous comprenez donc pourquoi nous attendons vivement la suite.
SAINT MARTIN D’HERES, le 25 décembre 2008
Guy Kokou MISSODEY Professeur de lettres à l’université de Lomé
Résumé de l’oeuvre
Délices Lyriques est un jardin semé de fleurs aux couleurs variées, un puissant mélange exotique où tous les goûts possibles de la nature se retrouvent. Les sens sont tenus en éveil et l’univers du poète s’ouvre au lecteur qui peut y voir une subtile dualité ; celle de l’être et du temps ou encore celle de l’âme et du corps. On y trouve l’agréable senteur des rares parfums qui embaument et transportent l’esprit ainsi que la marque visible de l’inconnu philosophique.
